1943 – Oklahoma!
Oklahoma! n’est pas seulement un grand succès de Broadway. C’est le moment où une série d’expériences, d’intuitions et de crises aboutissent à une nouvelle manière de concevoir le musical américain. En 1943, Rodgers et Hammerstein ne surgissent pas de nulle part : ils héritent de Show Boat, de Porgy and Bess, de la Theatre Guild, de Green Grow the Lilacs, de l’effondrement du duo Rodgers & Hart et d’un Broadway en pleine mutation. Cette page raconte donc à la fois une naissance et une rupture : comment un projet jugé fragile, rural, peu spectaculaire et presque improbable devient l’un des fondements du musical moderne.
Avant d’entrer dans les coulisses de la création, il faut poser la question essentielle : Oklahoma! est-il une révolution soudaine ou l’aboutissement d’un long cheminement? Le spectacle de 1943 change profondément la perception du musical, mais il ne naît pas dans le vide. Cette première partie revient sur le vieux Broadway qui résiste, sur les signes de changement déjà visibles avant 1943, et sur la fin du duo Rodgers & Hart, indispensable pour comprendre la naissance de Rodgers & Hammerstein.
Un chef-d’œuvre n’apparaît jamais par magie, même quand Broadway aime faire semblant. Cette deuxième partie examine les conditions qui ont rendu Oklahoma! possible : Oscar Hammerstein et sa méthode dramaturgique, la Theatre Guild et son ambition théâtrale, la pièce Green Grow the Lilacs de Lynn Riggs, la rencontre de Rodgers et Hammerstein, mais aussi deux précédents décisifs : Show Boat et Porgy and Bess. Avant l’événement, il y a donc tout un terrain à préparer.
Oscar Hammerstein
Un génie qui a écrit «Show Boat» et «Oklahoma!»
L’innovante Theatre Guild
Pour tourner une page il faut un producteur majeur
Source: « Green Grow the Lilacs »
Pour tourner une page il faut une source majeure
Rodgers et Hammerstein
avant le duo majeur Rodgers & Hammerstein
Deux précédents décisifs:
« Show Boat » et « Porgy and Bess »
Cette troisième partie suit la fabrication concrète du spectacle. On y quitte les grandes idées pour entrer dans les choix pratiques: trouver les créateurs, engager les interprètes, financer le projet, choisir un théâtre, fixer une date, écrire le livret, composer la musique, inventer les chorégraphies, traverser les répétitions et les try-outs. Oklahoma! devient ici une aventure de production, faite d’intuitions géniales, de retards, de paris risqués, de tensions et de solutions trouvées parfois au dernier moment.
1940-1942: naissance du projet
Les artistes-créateurs
Les artistes du plateau
Périlleux financement
Créer le livret et les paroles
Créer les chorégraphies
CRÉATION: répétitions & Try-Out
(New Haven & Boston)
Une œuvre vraiment importante ne reste jamais figée dans sa première version. Depuis 1943, Oklahoma! a été repris, restauré, transmis, réinventé, parfois même retourné contre son propre mythe. Cette quatrième partie suit ses grandes incarnations scéniques: la création de Broadway, le choc londonien de 1947, les premières reprises, la restauration patrimoniale de 1979-1980, la renaissance du National Theatre, puis la relecture sombre et politique de Daniel Fish. Chaque version révèle un autre visage de l’œuvre.
1947 Londres:
l’Amérique débarque au West End
Le choc londonien de l’après-guerre
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1979-1980:
restaurer le monument
Broadway puis Londres – Gemze de Lappe, la transmission de la chorégraphie de Mille
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1998-2002:
la renaissance du National Theatre
Trevor Nunn, Susan Stroman, Hugh Jackman, Shuler Hensley, puis Broadway
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2019-2023:
le mythe retourné contre lui-même
Broadway, Young Vic, Wyndham’s:
la version sombre, politique, contemporaine
1 – DÉCOUVRIR
Le triomphe d’Oklahoma! ne ferme pas une époque : il en ouvre une autre. Entre 1943 et 1947, Rodgers et Hammerstein enchaînent les œuvres qui confirment, prolongent ou déplacent ce que leur premier succès avait rendu possible. Carousel, State Fair, Allegro et l’évolution générale du musical américain montrent que l’impact d’Oklahoma! ne tient pas seulement à son succès initial. Le spectacle impose une nouvelle exigence : désormais, le musical doit raconter, construire, approfondir — et pas seulement divertir.