đŸ›ïž Les musĂ©es

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đŸ›ïž Les musĂ©es

Par Ol de Bulles / Dim 21 Jan 18 · ⏰ 11:00

Une tradition : la photo de ma chambre quand je la quitte. A very soon, I hope.

Et nous voilĂ  dĂ©jĂ  au dernier jour de ce mini-trip londonien. Quatre jours, cela passe quand mĂȘme beaucoup trop vite. Surtout quand on essaie d’y faire entrer des spectacles, des restaurants, quelques balades et, accessoirement, un peu de travail.

Ce matin, direction les musĂ©es de South Kensington: le V&A Museum, le MusĂ©e d’Histoire Naturelle et le MusĂ©e des Sciences. Trois institutions Ă  quelques pas les unes des autres. Pratique. MĂȘme si, pour les visiter correctement, il faudrait probablement commencer par prolonger le sĂ©jour.

Devant le MusĂ©e d’Histoire Naturelle, il y a une file de trois kilomĂštres. Enfin, je n’ai pas mesurĂ©. Mais suffisamment pour revoir immĂ©diatement notre programme. Les dinosaures ont attendu quelques millions d’annĂ©es. Ils pourront bien attendre ma prochaine visite.

On passe donc par le V&A, surtout pour montrer Ă  Damien la sublime cour intĂ©rieure. J’adore cet endroit. On est au milieu d’un immense musĂ©e, en plein Londres, et voilĂ  soudain cette respiration. Rien que pour cela, le dĂ©tour vaut la peine.

Et puis en route vers le Science Museum.

Ici, on va surtout prendre de la hauteur. Sans quitter le sol, ce qui, dans mon cas, est toujours préférable.

La galerie consacrĂ©e Ă  l’aviation ressemble Ă  un immense hangar oĂč plusieurs Ă©poques auraient dĂ©cidĂ© de se donner rendez-vous. Des avions suspendus au-dessus de nos tĂȘtes, des moteurs, des hĂ©lices, des structures dont on peut observer les dĂ©tails. Et cette impression assez Ă©tonnante de pouvoir suivre, presque physiquement, le chemin parcouru entre les premiers essais et les machines que nous trouvons aujourd’hui parfaitement normales.

Parce qu’avouons que les premiers engins n’inspirent pas tous une confiance absolue. Du bois, de la toile, des cĂąbles, un moteur
 Et quelqu’un qui accepte de monter lĂ -dedans. Moi qui ai le vertige sur une chaise, je trouve qu’il fallait tout de mĂȘme avoir une certaine conviction.

Un panneau rappelle le premier vol des frĂšres Wright, le 17 dĂ©cembre 1903. Douze secondes et environ trente-six mĂštres pour le premier essai rĂ©ussi de la journĂ©e. Douze secondes! Aujourd’hui, on trouverait cela un peu court pour une vidĂ©o. À l’époque, c’est une Ă©tape dĂ©cisive dans l’histoire de l’aviation. Le musĂ©e prĂ©sente une rĂ©plique du Flyer; l’original a d’ailleurs sĂ©journĂ© Ă  Londres de 1928 Ă  1948 avant de retourner aux États-Unis.

Et seize ans aprĂšs ces quelques secondes au-dessus du sable, Alcock et Brown traversent l’Atlantique sans escale. Leur Vickers Vimy est lĂ . C’est bien l’appareil historique, rĂ©parĂ© aprĂšs son arrivĂ©e un peu mouvementĂ©e dans une tourbiĂšre irlandaise en juin 1919. Quand on regarde ce grand biplan, ses ailes entoilĂ©es et ses deux moteurs, la traversĂ©e prend une autre dimension. L’Atlantique, tout de mĂȘme. Pas un petit tour au-dessus du jardin.

C’est ce qui rend ce genre de musĂ©e passionnant. Une date dans un livre reste une date. Avec la machine devant soi, on commence Ă  mesurer ce qu’elle signifie. Il a fallu imaginer cela, le construire, le faire fonctionner. Puis partir avec.

Les avions militaires rappellent aussi que cette histoire n’est pas faite que de beaux rĂȘves. On apprend Ă  voler, et trĂšs vite on apprend Ă  se battre dans les airs. La capacitĂ© d’invention de l’ĂȘtre humain est assez extraordinaire. L’usage qu’il en fait est parfois plus discutable


Et puis ma passion pour les avions de ligne avec un 747 découpé comme une tranche de cake.

AprĂšs les avions, l’espace. On change encore d’échelle.

Dans la galerie Exploring Space, on retrouve notamment une rĂ©plique grandeur nature du module lunaire Eagle, celui qui a emmenĂ© Neil Armstrong et Buzz Aldrin sur la Lune en 1969. Avec ses pattes, ses formes Ă©tranges et son enveloppe dorĂ©e, l’engin a quelque chose d’un Ă©norme insecte bricolĂ© pour un film de science-fiction. Sauf que le vĂ©ritable appareil a transportĂ© deux hommes jusqu’à la surface de la Lune. Et qu’il fallait ensuite repartir. Petit dĂ©tail qui a son importance.

Il y a aussi ce beau buste de Youri Gagarine dans son casque de cosmonaute. Le 12 avril 1961, il devient le premier homme dans l’espace et accomplit un tour de la Terre. Cent huit minutes de vol. Moins que certains spectacles de ce sĂ©jour, mais avec un paysage un peu diffĂ©rent.

1903: quelques secondes au-dessus du sol. 1961: un homme autour de la Terre. 1969: des hommes sur la Lune. Tout cela en une vie humaine. En passant d’une salle à l’autre, on finit presque par oublier à quel point c’est fou.

Hier, au théùtre, des balais volaient et nous trouvions cela magique. Aujourd’hui, ce sont de vrais avions et des engins spatiaux qui racontent comment des hommes ont rĂ©ussi Ă  quitter le sol. La curiositĂ©, l’obstination et quelques solides connaissances ont aussi produit de fameux tours de magie.

Belle maniÚre de terminer cette matinée londonienne.

Et pour le retour, personnellement, je reste trùs content d’avoir un billet d’Eurostar.

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