🎶 « Woman in White » (Charing Cross Theatre)

← Retour au voyage : 2017/11 Londres ✅

🎶 « Woman in White » (Charing Cross Theatre)

Par Ol de Bulles / Ven 1 Déc 17 · ⏰ 19:30

Une création en 2004 en demi-teinte

Woman in White, c’est une œuvre particulière chez Andrew Lloyd Webber, il s’agit d’un drame victorien. Elle a été créée à Londres en septembre 2004 avec un décor fait de projections prenant forme sur des panneaux mouvants. Mais la technologie, révolutionnaire pour l’époque, n’était pas au point. Voici quelques souvenirs de la production de Woman in White au Palace Theatre en 2004.

Quand on voit ce qu’ils font 15 ans plus tard dans An American in Paris!!! En plus Michael Crawford, qui jouait le rôle de Frosco, tombe malade à cause de son costume (énorme costume qui fait de lui un obèse et dans lequel il transpire abondamment). Il sera remplacé par Michael Ball.

Une version modifiée sera proposée en juillet 2005. Mais c’était un « work in progress ». La press night de la version 2 n’eut lieu que fin septembre. Le musical fut un peu mieux accueilli par la presse dans ce nouvel opus. Le spectacle fermera en février 2006. Pour ce grand retour de Lloyd Webber à la composition symphonique (après Whistle down the Wind et Beautiful Game), ce ne fut pas le succès espéré. D’ailleurs, à Broadway, le show sera éjecté après 109 représentations. un vrai flop. La star du show, Maria Friedman (Marian), a été diagnostiquée avec un cancer du sein pendant les previews et a donc souvent été absente. Est-ce une explication à ce flop? Pas sûr. Mais quoi qu’il en soit, rien ne s’est passé totalement normalement avec la création de ce musical.

Michael Ball
Maria Friedman

Une re-création (?) en 2017

Pour avoir vu, et fortement apprécié, cette version originale (au-delà des problèmes techniques), au Palace Theatre, on peut se demander comment le spectacle va résister dans un si petit théâtre. Le Charing Cross Theatre est une petite salle, sous la gare de Charing Cross. Mais cette salle n’a pas non plus les moyens d’un Menier Chocolate Factory.

Alain et moi, n’avons pas le même ressenti par rapport au spectacle. Il est beaucoup plus critique que moi: « Cela ne fonctionne pas« . Je ne suis pas d’accord. D’abord, je comprends tout le spectacle. Parfaitement. Alors qu’il y a plein de non-dits, de personnages à double facettes, … La scéno est simple mais très efficace permettant de véritables apparitions en centre-plateau. La lumière est fantastique. Ilreste pour moi un problème de rythme, on passe d’une scène à l’autre trop rapidement. Alors que parfois entre une scène et l’autre il a un mois qui s’écoule.

L’intérêt de cette reprise – que cela soit réussi pou pas – c’est de réexaminer un « Lloyd Webber mal aimé » en changeant radicalement son échelle. Le changement décisif est le passage à l’intimité. Il est clair que la création de 2004, au Palace Theatre, utilisait à outrance une scénographie vidéo très envahissante. Mais c’est un peu comme si on nous disait: « Vous verrez dans dix ans, ce sera génial ». En 2017, Morgan Large a préféré un décor physique (et plus vidéo) plus sobre, et le metteur en scène Thom Southerland a rapproché l’œuvre d’un opéra de chambre. Le spectacle a aussi été resserré: une durée ramenée d’environ 3h à 2h20. L’enjeu est passionnant: entendre enfin la musique et regarder les personnages, avec une mise en scène qui laisse davantage de place au jeu.

Il y a aussi une vraie ambition musicale: 10 musiciens pour cette toute petite salle. Cette disproportion entre la taille de la salle et l’ampleur musicale nous offre un grand mélodrame victorien entendu de très près.

Mais à côté de cela, on peut aussi dire que si le roman de Wilkie Collins repose sur une intrigue foisonnante de secrets, de domination et d’identités menacées, sa compression dans ce nouveau livret fait parfois passer les explications avant la construction des personnages.

Alors, quoi qu’il en soit, les interprètes étaient très impressionnants. Anna O’Byrne joue le rôle de Laura Fairlie. Elle avait le rôle principal dans le Love Never Dies australien, qui a poussé Lloyd Webber a fermer la version londonienne. Cette magistrale version est disponible en DVD. On s’écarte. Sa voix est prodigieuse. Il faut aussi souligner Carolyn Maitland (Marian Halcombe), Ashley Stillburn (Walter Hartright), Greg Castiglioni (Count Fosco) et Sophie Reeves (Anne Catherick).

Quoi qu’il en soit, j’ai passé une très belle soirée. Ce qui, in fine, est le principal, non?

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut