🎶 « Starlight Express » (Wembley Park Theatre)

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🎶 « Starlight Express » (Wembley Park Theatre)

Par Ol de Bulles / Dim 5 Jan 25 · ⏰ 13:00

Encore un spectacle que j’ai une vraie impatience à voir. C’est le seul musical d’Andrew Lloyd Webber que je n’ai pas vu en live. Et il y en a quelques-uns:

  • Joseph and the Amazing Technicolor Dreamcoat (1968)
  • Jesus Christ Superstar (1970)
  • Evita (1976)
  • Cats (1981)
  • Starlight Express (1984)
  • The Phantom of the Opera (1986)
  • Aspects of Love (1989)
  • Sunset Boulevard (1993)
  • Whistle Down the Wind (1996)
  • The Beautiful Game (2000)
  • The Woman in White (2004)
  • Love Never Dies (2010)
  • The Wizard of Oz (2011)
  • Stephen Ward (2013)
  • School of Rock (2015) et
  • Cinderella (2021)

J’ai une tendresse particulière pour Andrew Lloyd Webber. J’aime beaucoup la plupart de ses œuvres – on en a monté deux (Evita et Sunset Boulevard) à Bruxellons!. Étonnement, c’est The Phantom of the Opera, son plus gros succès (le spectacle se joue depuis 38 ans à Londres), auquel j’accroche le moins.

Andrew Lloyd Webber et Tim Rice

J’aime le fait qu’il ne soit jamais entré dans un moule et qu’il ait souvent été là où on ne l’attendait pas. Sa première œuvre, écrite avec son pote Tim Rice, Joseph, a été présentée pour la première fois sous la forme d’une « cantate pop » de 15 minutes à la Colet Court School de Londres en 1968. Après le triomphe de Jesus Christ Superstar en 1970, il complètera Joseph pour en faire un spectacle complet. Joseph est basé sur l’histoire de Joseph dans la Genèse et JCS (Jesus Christ Superstar) interroge la psychologie de Jésus et d’autres personnages, avec une grande partie de l’intrigue centrée sur Judas, qui n’est pas satisfait de la direction dans laquelle Jésus dirige ses disciples. La musique est résolument rock. En fait, il a voulu que ce soit un mélange d’orchestre symphonique, de section de cuivres souls, de chorale gospel et de rock! Un ‘single’ est sorti chanté par Murray Head.

La création mondiale de Jesus Christ Superstar a eu lieu le 12 octobre 1971 à Broadway. Un triomphe et puis le monde entier… Dont Londres, au Palace Theatre du 9 août 1972 au 23 aout 1980 (3.368 représentations – pas mal ppour un premeir spectacle, non?), qui a accueilli Les Misérables pendant près de 20 ans et aujourd’hui Harry Potter. Le Théâtre appartient aujourd’hui à Andrew Lloyd Webber.

Le spectacle a été condamné par différents groupes religieux. Tim Rice a déclaré : « Il se trouve que nous ne voyons pas le Christ comme Dieu, mais simplement comme l’homme qu’il faut, au bon moment et au bon endroit. » On est dans cette période de contestation de la fin des années ’60…

Son musical suivant, Evita, va parler de la femme arriviste d’un dictateur argentin.

Avec Elaine Paige qui va devenir une star du jour au lendemain

Antonio Banderas et Elaine Paige quelques années plus tard:

Et un petit souvenir de Bruxellons!

Mais il ne va pas s’arrêter là… Ne reculant devant aucun risque, son musical suivant en 1981 (il a 33 ans et est une star mondiale), Cats, est basé sur le recueil de poésie de 1939 Old Possum’s Book of Practical Cats de T. S. Eliot. La comédie musicale raconte l’histoire d’une tribu de chats. Le spectacle va se jouer du 11 mai 1981 au 11 mai 2002 (victime des attentats du 11 septembre) soit 21 ans et 8.949 représentations (il se jouera 18 ans à Broadway). Rien que des chats sur scène…

⬆ Quelques moments de la soirée de clôture du West End en mai 2002,
diffusée sur un grand écran à Covent Garden pour ceux sans bille…

Après ces 4 musicals atypiques qui ont tous triomphé, pourquoi rentrer dans le rang? Alors, Lloyd Webber décide de créer un musical où une jeune mais obsolète locomotive à vapeur (oui, oui!), Rusty, participe à un championnat contre des locomotives modernes à moteur diesel et électrique dans l’espoir d’impressionner un wagon panoramique de première classe, Pearl. Les acteurs se produisent sur des patins à roulettes. Et oui, c’est ce musical que je rêve de voir depuis des années!!! Starlight Express a été créé le 27 mars 1984 à l’Apollo Victoria de Londres, se jouant jusqu’au 12 janvier 2002 (victime comme Cats des attentats du 11 septembre). Ce musical a été un vrai succès et, par exemple, le 12 juin 1988 a ouvert à Bochum en Allemagne un théâtre spécialement conçu pour Starlight Express où le musical se joue depuis lors sans interruption, soit depuis près de 40 ans!!! Nous allons y revenir puisque c’est le spectacle de cette après-midi…

Il va enchaîner deux ans plus tard avec The Phantom of the Opera qui se joue toujours aujourd’hui. Je pourrais continuer des heures pour montrer à quel point Lloyd Webber n’a jamais fait deux fois la même chose. Il a fait un musical sur le football (Beautiful Game), sur le scandale politique de l’affaire Profumo (Stephen Ward), ….

Revenons à Starlight Express

Où jouer une telle folie? En 1984, ils avaient complètement transformé l’Appolo Victoria. Cette fois, Starlight Express va se jouer au Wembley Park Theatre où j’avais vu l’an dernier Newsies. L’avantage est qu’il s’agit d’un ancien studio de cinéma totalement adaptable. Voici une petite visite du lieu:

Et deux photos depuis mon siège:

Assis sur mon siège et attendant (30 minutes) le début du spectacle, je me demande comment l’audace de Lloyd Webber a réussi à concevoir un spectacle mettant en scène la vie – et l’amour – de wagons de train qui chantent leurs ressentis à travers une course nocturne en faisant des patins à roulettes !!!! Et que cela ait tenu l’affiche pendant près de 20 ans à Londres et tienne toujours l’affiche depuis 35 ans à Bochum. Starlight Express est-il le musical le plus farfelu de tous les temps sur scène?

En tous cas, on va être plongé en plein milieu de l’action: une piste de patin passe juste devant moi et une autre sur la gauche. Il y en a encore derrière.

L’histoire commence tout simplement par un garçon jouant avec son chemin de fer. La mère lui dit qu’il est temps d’aller se coucher et il s’endort. Nous sommes transportés dans son rêve: les trains-jouets flottent vers le haut et des artistes en costumes appropriés apparaissent sur scène. On se trouve plongé dans un championnat pour trains… Le tenant du titre est Greaseball, une locomotive diesel.

Al Knott dans le rôle de Greaseball, la locomotive diesel

Mais il y a aussi Rusty la locomotive à vapeur et Electra la locomotive électrique. Et des locomotives venues de l’étranger. Greaseball se moque des efforts des autres locomotives pour être les plus cool et gagner la course. Greaseball ne craint que la locomotive électrique – Electra. Très vite, on se rend compte que Rusty est le héros du spectacle. Il sera d’ailleurs soutenu par l’enfant rêveur.

Jeevan Braich dans le rôle de Rusty, la locomotive à vapeur

Mais il n’y a pas que les locomotives. Il y a aussi des tas de wagons. Des voitures-restaurants, des wagons-passagers, des wagons de fret que Rusty part chercher dans une gare…. Et Pearl, un wagon-observatoire de première classe (avec plein de grandes fenêtres). Une histoire d’amour naît entre la locomotive à vapeur Rusty et Pearl, le wagon-observatoire.

Rusty et Pearl

Le championnat est organisé en différentes manches. Chaque gagnant de manche participe à la finale. Chaque participant est constitué d’une locomotive et d’un wagon. La belle Pearl accepte de faire équipe avec Electra dans la première course. Rusty, le cœur brisé, décide de ne pas participer au championnat du monde. Instantanément, Momma McCoy, la vétérane des courses précédentes et aussi locomotive à vapeur, décide de prendre la place de Rusty, désireuse de maintenir la réputation de la locomotive à vapeur dans la course.

Momma McCoy (et derrière elle, le petit garçon rêveur)

Néanmoins, Rusty deviendra un participant à la manche suivante, et, grâce au soutien de Momma McCoy, il surmontera tous les obstacles. Et ainsi de suite… Et bien sûr, à la fin, Rusty gagne le championnat et le cœur de Pearl. Il y a bien sûr des tas de rebondissements, dont une locomotive à hydrogène (nouveau dans cette version de 2024).

Il y a de très très impressionnantes courses de train – ou d’artistes en patin à roulettes. Les paroles de Richard Stilgoe sont ridicules, mais agréables et la plupart des chansons sont très efficaces.

C’est bizarre d’osciller à ce point entre le sublime et le ridicule. Et pourtant, de passer un très très bon moment où on ne s’ennuie pas une seconde.

Ce n’est certainement pas mon Lloyd Webber préféré. Mais je suis super content de l’avoir vu. En fait j’ai passé un super moment. A posteriori, j’ai regardé ce spectacle avec des yeux d’enfants. Pas spécialement parce que l’histoire y pousse mais, surtout parce que le spectacle y pousse. Ces « trains » qui passent à toute vitesse, c’est un vrai plus. Ils font quand même du 50km/h.

Pendant les courses, les petites barrières au ras du sol qu’on voit sur les bords de la piste sur la photo ci-dessus montent à une hauteur de 1m20 pour devenir de vraies barrières de protection empêchant qu’un acteur ne tombe à pleine vitesse dans le public. Rien que ça, le producteur que je suis, se dit: « Pfff… Quel boulot! ».

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