🎭 « Comedy about a Bank Robbery » (Criterion)

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🎭 « Comedy about a Bank Robbery » (Criterion)

Par Ol de Bulles / Dim 26 Nov 17 · ⏰ 19:00

Là, je savais ce que j’allais voir. La seconde pièce de ceux qui ont commis The Play That goes wrong. La barre est évidemment placée très haute car il faut évidemment assurer après un tel triomphe. Et bien, très honnêtement, ce second opus tient la distance. Pour moi, francophone, c’est par moment un peu difficile parce qu’une partie de l’humour est un humour de mots. Mais il y a un véritable délire en scène avec un enchaînement insensé de quiproquos.

Contrairement à The Play That Goes Wrong, ce n’est pas une pièce «qui déraille»: c’est une véritable farce policière, où tout doit au contraire fonctionner avec une précision redoutable. La pièce est toujours signée Henry Lewis, Jonathan Sayer et Henry Shields, les fondateurs du Mischief Theatre.

Nous sommes à Minneapolis, en 1958. La Minneapolis City Bank, dirigée par le très peu irréprochable Robin Freeboys, reçoit en dépôt un extraordinaire diamant appartenant au prince Ludwig de Hongrie. Mauvaise idée: comme le répète Ruth Monaghan, employée de la banque, dans cette ville tout le monde est plus ou moins un escroc.

Au même moment, Mitch Ruscitti, détenu dans une prison canadienne, prépare son évasion avec Neil Cooper, un gardien pas franchement plus honnête que les prisonniers. Leur objectif est simple: rejoindre Minneapolis et voler le diamant. Ils s’évadent et retrouvent Caprice Freeboys, la petite amie de Mitch — qui est accessoirement la fille du directeur de la banque.

Mais Caprice mène plusieurs hommes par le bout du nez. Parmi eux se trouve Sam Monaghan, petit escroc et pickpocket qui tombe amoureux d’elle. Lorsque Mitch surprend Sam dans la chambre de Caprice, celui-ci improvise une explication et prétend être… l’homme d’entretien. Le voilà donc, presque malgré lui, enrôlé dans le cambriolage.

À partir de là, le projet de vol devient une gigantesque mécanique de mensonges, adultères, identités usurpées et quiproquos. Chacun tente de tromper quelqu’un d’autre et plusieurs personnages convoitent le diamant pour leur propre compte. Même Robin Freeboys, qui est censé protéger la pierre précieuse, n’est pas exactement un modèle de probité.

La deuxième partie se concentre davantage sur le cambriolage proprement dit. Les personnages doivent pénétrer dans la banque, éviter un gardien de sécurité qui a une fâcheuse tendance à dormir et atteindre le coffre. Mais naturellement, absolument rien ne se déroule comme prévu.

C’est là que la mise en scène de Mark Bell devient particulièrement spectaculaire: personnages suspendus, acrobaties, perspectives faussées et surtout une fameuse séquence dans laquelle le décor bascule visuellement et l’on observe le bureau de la banque comme si on le regardait verticalement depuis le plafond. Les comédiens doivent alors jouer comme si la gravité avait changé de direction. Cette séquence était déjà l’un des morceaux de bravoure les plus commentés de la production du Criterion.

Il y a une scène où trois personnages jouent le même rôle. Cela m’a rappelé Silence en coulisse. Ce qui est formidable, c’est l’énergie que doivent déployer les artistes sur scène. A côté de cela, The Play That goes wrong est une sieste.

La production utilise également des chansons américaines façon années 1950, mais ce n’est pas un musical: elles servent surtout aux transitions et à installer l’atmosphère d’une Amérique fantasmée des fifties.

Vu le taux de remplissage du Criterion et les hurlements de rire – j’ai cru que ma voisine allait succomber – la pièce va faire les beaux jours de Piccadilly pour de longs mois encore.

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