🎭 « Harry Potter and the cursed Child » PART 2 (Palace Theatre)

← Retour au voyage : 2018/01 Londres ✅

🎭 « Harry Potter and the cursed Child » PART 2 (Palace Theatre)

Par Ol de Bulles / Sam 20 Jan 18 · ⏰ 19:00

Nous revoilà au troisième balcon du Palace Theatre. Pour la deuxième fois de la journée. Mes jambes commencent à connaître le chemin.

Après la fin de la première partie, l’attente est énorme. On nous a laissés dans une situation impossible, avec un monde qui a basculé et des personnages dont on ne sait plus très bien comment ils vont pouvoir s’en sortir.

Allez. On éteint les lumières. On y retourne.

#KeepTheSecrets, toujours. Le passage qui suit raconte cette seconde partie, dénouement compris. Vous êtes prévenus…

Attention: résumé de la deuxième partie.

On retrouve Scorpius là où nous l’avions laissé: seul, dans un monde où Voldemort a gagné. Harry est mort, Albus n’a jamais existé et Poudlard est dirigé par cette charmante Dolores Ombrage. Les élèves nés de parents moldus sont persécutés. Quant à Scorpius, il découvre qu’il est, dans cette réalité, quelqu’un de puissant, de populaire et de particulièrement détestable. Bref, tout va bien…

Il comprend surtout ce qui a dérapé. L’humiliation infligée à Cedric pendant le tournoi l’a conduit à devenir Mangemort. Il a ensuite tué Neville, empêchant celui-ci de jouer son rôle dans la défaite de Voldemort. Voilà comment une intervention qui semblait presque anodine a fait basculer tout un monde.

Scorpius trouve néanmoins des alliés: Ron, Hermione et… Severus Rogue, toujours vivant dans cette version de l’histoire. Tous trois vont l’aider à annuler les modifications du passé, au prix de leur propre sacrifice. Rogue accepte même de sauver un monde dans lequel il sait qu’il sera mort. Scorpius parvient finalement à rétablir le cours des événements. Albus réapparaît. On peut respirer. Un peu.

Les deux garçons ont compris la leçon et décident de détruire le Retourneur de Temps. Mais Delphi, qu’ils ont prévenue, ne l’entend pas du tout de cette oreille. La gentille jeune femme montre son vrai visage, s’empare de l’objet et les prend en otage. Après une nouvelle tentative pour modifier le Tournoi des Trois Sorciers, elle les entraîne encore plus loin dans le passé, puis détruit le Retourneur. Les voilà coincés, sans même savoir à quelle époque.

Pendant ce temps, les adultes enquêtent. Amos Diggory n’a jamais eu de nièce. En fouillant la chambre de Delphi, ils découvrent son véritable projet et son identité: elle est la fille de Voldemort et veut ramener son père au pouvoir.

C’est sur cette révélation que tombe l’entracte. Les enfants sont perdus quelque part dans le temps et leurs parents viennent de comprendre avec qui. De quoi profiter sereinement de la pause‼️

Après l’entracte, Albus et Scorpius découvrent la date: le 30 octobre 1981. La veille de l’assassinat des parents de Harry. Ils rejoignent Godric’s Hollow et comprennent que tout va se jouer là.

Mais comment prévenir quelqu’un qui vit plusieurs décennies plus tard? Grâce à une vieille couverture. Celle qui enveloppait Harry bébé et qu’il a conservée. Les garçons y inscrivent un message destiné à devenir visible dans le présent. Harry le découvre. Drago possède justement un autre Retourneur de Temps, plus perfectionné, qui permet aux adultes de les rejoindre. Pour une fois, les parents arrivent à la rescousse.

Le projet de Delphi est d’empêcher Voldemort de s’attaquer au petit Harry, puisque cette attaque provoquera sa chute. Pour la piéger, Harry prend l’apparence de son ennemi. La confrontation permet finalement de la maîtriser.

Reste alors quelque chose de bien plus dur qu’un combat de sorciers. Harry doit laisser l’histoire suivre son cours. Ses parents sont là, vivants, à quelques pas. Il sait ce qui va arriver. Il pourrait intervenir. Mais il sait aussi ce que cela coûterait. Entouré des siens, il doit assister à leur mort sans les sauver. Avouons qu’on est loin de la petite aventure magique confortable.

De retour dans le présent, Harry et Albus se retrouvent devant la tombe de Cedric. Ils commencent enfin à se parler autrement. Harry reconnaît ses peurs et ses maladresses de père. Albus découvre derrière le héros un homme qui a grandi sans ses parents et qui essaie, tant bien que mal, d’en être un.

Après tous ces voyages dans le temps, il reste donc un père et son fils qui apprennent à se comprendre. Et c’est une très belle manière de terminer.

C’est cette histoire entre Harry et Albus qui me touche profondément, et que cette dernière scène vient achever. Harry a sauvé le monde, mais il ne sait pas toujours comment parler à son fils. Lui qui a grandi orphelin doit apprendre à être père. Albus doit, de son côté, trouver comment exister avec un nom que tout le monde connaît et des attentes auxquelles il ne sait pas répondre.

L’un voudrait protéger. L’autre voudrait respirer. Ils s’aiment et se font du mal. Cela arrive donc aussi chez les sorciers.

L’amitié entre Albus et Scorpius traverse tout cela. Deux garçons héritent d’une histoire qui les précède, de réputations qu’ils n’ont pas choisies. Et ils se choisissent comme amis. Leurs pères ont été ennemis? Et bien, ils feront autrement.

Les voyages dans le temps permettent de retrouver des morceaux de l’univers que l’on connaît, mais aussi de revenir sur les blessures des personnages. On mesure ce que Harry porte encore en lui. Et ce que son fils ne pouvait pas comprendre jusque-là.

Tout cela est porté par une mise en scène qui continue à faire surgir l’impossible devant nous. Et pourtant, ce qui reste, c’est l’émotion. On peut déployer toute la magie du monde: si les personnages ne vivent pas, on regarde les effets. Ici, on est avec eux.

Et nous sommes toute une salle à l’être.

C’est aussi cela que je retiens de cette journée. Une véritable expérience humaine. Des gens réunis pendant des heures, qui suivent la même histoire, retiennent leur souffle, rient, attendent la suite. Cette communion entre la salle et la scène, on la cherche souvent au théâtre. Quand elle est là avec cette force, on sait pourquoi on y retourne autant.

J’étais au troisième balcon. Et j’ai vraiment pris une claque.

Je pourrais écrire des centaines de lignes sur ce spectacle magistral. Mais je vais tout de même garder quelques secrets. Les plus beaux moments de théâtre se vivent dans la salle.

Même tout en haut.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Défiler vers le haut