â Retour Ă la saison : Saison 2017-2018
đ « Harry Potter and the cursed Child » PART 1 (Palace Theatre)

Jâarrive Ă 13h57. (Pour comprendre, lire le post de mon voyage)
La fouille du sac. Le dĂ©tecteur mĂ©tallique, comme Ă lâaĂ©roport. Et puis Koh-Lanta commence: nous sommes au troisiĂšme balcon.
Ă chaque Ă©tage, un ouvreur me donne le compte Ă rebours. « Cela commence dans quarante secondes. » Ă lâĂ©tage suivant : « Le spectacle commence dans trente secondes. » Merci. Câest trĂšs gentil. Cela mâaide Ă©normĂ©ment Ă respirer.
Je continue donc mon ascension jusquâau paradis. Et il y a encore des gens plus haut que nous! Je mâinstalle enfin. Le théùtre est archi-plein. Pas une place de libre. Je n’ai jamais Ă©tĂ© si haut.
Alain et Damien cherchent encore… je ne sais quoi. Un programme? A boire? L’Ăąme sĆur?
Ils sont enfin assis!
Câest tout de mĂȘme gĂ©nial de se dire que des gens viennent passer cinq heures et demie au théùtre. Ă une Ă©poque oĂč le prĂ©sident des Ătats-Unis Donald Trump semble nâavoir le temps que dâenvoyer des tweets de 280 caractĂšres, cela me rassure. Vraiment.
Alors, bien sĂ»r, il y a la consigne : #KeepTheSecrets. Et je suis dâaccord. Mais pour comprendre un peu ce qui nous attend, voici les grandes lignes. Ceux qui veulent tout dĂ©couvrir dans la salle peuvent sauter les deux paragraphes suivants.
Attention: résumé de la premiÚre partie
Lâhistoire commence dix-neuf ans aprĂšs la dĂ©faite de Voldemort. On retrouve Harry, Ginny, Ron et Hermione sur le quai de la gare, au moment dâenvoyer leurs enfants Ă Poudlard. Ils ont grandi. Nous aussi, dâailleurs⊠Harry travaille au ministĂšre de la Magie et doit maintenant relever un dĂ©fi pour lequel aucune baguette magique ne semble vraiment efficace: ĂȘtre pĂšre.
Son fils Albus supporte difficilement dâĂȘtre «le fils de Harry Potter». On attend forcĂ©ment beaucoup du rejeton de celui qui a sauvĂ© le monde. Sauf que lui nâa rien demandĂ©. Et les choses ne sâarrangent pas lorsquâil est envoyĂ© Ă Serpentard, oĂč il se lie dâamitiĂ© avec Scorpius, le fils de Drago Malefoy. VoilĂ deux garçons qui auraient bien aimĂ© pouvoir laisser leur nom de famille au vestiaire.
Les premiĂšres annĂ©es dâĂ©cole dĂ©filent et le fossĂ© se creuse entre Harry et Albus. Ils sâaiment, mais nâarrivent plus Ă se parler sans se blesser. Lorsque le vieil Amos Diggory demande Ă Harry dâutiliser un Retourneur de Temps pour sauver son fils Cedric, tuĂ© des annĂ©es auparavant, Albus entend la conversation. Son pĂšre refuse. Lui dĂ©cide de sâen mĂȘler. Avec Scorpius et Delphi, qui se prĂ©sente comme la niĂšce dâAmos, il se lance dans une mission qui lui permettra, pense-t-il, de rĂ©parer cette injustice. Et peut-ĂȘtre de montrer Ă son pĂšre de quoi il est capable.
Encore faut-il mettre la main sur le fameux objet. Direction le ministĂšre de la Magie, avec une bonne dose de Polynectar pour prendre lâapparence des adultes. Leur intrusion dans le bureau dâHermione les confronte Ă une bibliothĂšque qui dĂ©fend ses secrets avec une certaine Ă©nergie: Ă©nigmes, livres enchantĂ©s et Ă©tagĂšres qui engloutissent les intrus⊠On est loin du simple meuble de rangement. Et câest Ă la fin de cette scĂšne que tombe lâentracte. Le Retourneur de Temps est entre leurs mains. Ils ont maintenant de quoi faire une Ă©norme bĂȘtise.
AprĂšs la pause, Albus et Scorpius retournent Ă lâĂ©poque du Tournoi des Trois Sorciers. Leur idĂ©e est assez simple: empĂȘcher Cedric de gagner pour quâil ne se retrouve jamais Ă lâendroit oĂč il sera assassinĂ©. Sauf que le passĂ© ne se laisse pas corriger aussi facilement quâune faute dâorthographe.
Une premiĂšre intervention bouleverse dĂ©jĂ le prĂ©sent. Ron et Hermione ne sont plus mariĂ©s, leur fille Rose nâexiste plus, et Albus se retrouve Ă Gryffondor. Pendant ce temps, Harry, persuadĂ© que Scorpius reprĂ©sente un danger pour son fils, tente de les sĂ©parer. Ce qui, Ă©videmment, ne facilite pas leurs rapportsâŠ
Les deux garçons essaient Ă nouveau de sauver Cedric, cette fois pendant la deuxiĂšme Ă©preuve du tournoi. Et lĂ , tout bascule. Scorpius revient seul dans un monde oĂč Voldemort a gagnĂ©. Harry est mort. Albus nâest jamais nĂ©. En voulant sauver une vie, ils ont fait disparaĂźtre le monde quâils connaissaient.
Et câest lĂ quâon nous abandonne en cette fin de deuxiĂšme acte! Les artistes ne viennent pas saluer… Un «To be continued» s’affiche fiĂšrement. Il va maintenant falloir attendre deux heures et demie pour connaĂźtre la suite! Cela fait presque trois heures que nous sommes dans ce théùtre. Jâai montĂ© les escaliers au bord de lâagonie. Et maintenant je ne veux plus sortir.
Câest tout de mĂȘme un assez bon signe.
Avouons que câest un peu cruel. MĂȘme perchĂ© au troisiĂšme balcon, je suis complĂštement embarquĂ© car sur scĂšne, quel putain de spectacle….
La mise en scĂšne de John Tiffany est dâune complexitĂ© folle. La magie impose une prĂ©cision absolue. Un geste, un dĂ©placement, un changement de lumiĂšre: tout doit tomber juste. Et pourtant, rien ne paraĂźt mĂ©canique. Tout est incarnĂ©. Tout est fluide.
Les murs deviennent mous. Les balais volent. Les acteurs changent de costumes Ă vue, apparaissent, disparaissent. On voit des choses quâon ne devrait pas pouvoir voir dans un théùtre. Enfin, si. La preuve est devant nous.
Et trĂšs vite, on oublie de se demander comment ils font.
Nous sommes Ă Poudlard. Tout simplement.
MĂȘme depuis le troisiĂšme balcon. Jâinsiste, parce que nous sommes loin. TrĂšs loin. Mais le spectacle vient nous chercher jusque-lĂ . La distance avec la scĂšne ne mâempĂȘche absolument pas de prendre la claque.





