đŸŽ¶ « The Producers » (Menier Chocolate Factory)

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đŸŽ¶ « The Producers » (Menier Chocolate Factory)

Par Ol de Bulles / Jeu 2 Jan 25 · ⏰ 15:00

C’est un des spectacles que j’attends le plus de ces deux semaines. Pourquoi. Parce que, pendant un mois, je n’ai pas rĂ©ussi Ă  avoir des tickets. C’Ă©tait sold-out. Il est vrai que jouer un spectacle de cette ampleur dans le minuscule Menier Chocolate Factory
 Cela ne peut ĂȘtre que plein Ă  craquer. Et puis, un jour, une place s’est libĂ©rĂ©e le mĂȘme jour que celui oĂč je me suis dit: « Et si je vĂ©rifiais s’il n’y a pas des returns?« . Comme quoi.

Pour pouvoir se rendre compte de l’exiguĂŻtĂ© du lieu, voici une photo prise Ă  mon entrĂ©e dans la salle, et des ‘curtains calls’ filmĂ©s (par un.e inconnu.e):

Et puis, une petite image pour vous faire comprendre que la presse n’est 
 pas mauvaise!

L’histoire du musical est dĂ©jantĂ©e au carré  Elle est signĂ©e Mel Brooks et tirĂ©e de son film de 1967. Créé Ă  Broadway. En 2011, il est venu Ă  Londres au Drury Lane en 2004, pour 920 reprĂ©sentations. La production Ă©tait trĂšs impressionnante, faisant usage de toute la technique du Drury Lane. Ce fut un trĂšs gros triomphe que nous avions vu Alain et moi.

A priori cela semble impossible de monter The Producers sur la scĂšne du Menier Chocolate Factory qui est plus petite que celle de la grande salle du Public. La seule chose qui ‘y fait croire – en dehors de la presse – c’est qu’au Menier, rien n’est impossible. Au contraire…

Le spectacle dĂ©bute devant un théùtre, le soir de l’opening night (la premiĂšre) de Funny Boy! une version musicale de Hamlet, produite par l’infatigable Max Bialystock. Les ouvreuses entrent, se demandant si le spectacle sera un succĂšs ou non. Au moment oĂč les spectateurs sortent du théùtre, la rĂ©ponse est claire : c’est le pire spectacle de la ville et ce sera aussi ce mĂȘme soir sa « closing night ». Max dĂ©sabusĂ© apparaĂźt. Il essaie de comprendre ce qui a mal tournĂ©. Il Ă©tait la star de Broadway et maintenant, il est la personne Ă  fuir. En fait, il croit qu’il est le « Roi de l’Ancien Broadway ». Mais il se promet d’ĂȘtre Ă  nouveau au top


À ce stade, on peut dĂ©jĂ  dire qu’il s’agit d’une version beaucoup plus dure et plus sinistre de The Producers que la production originale polie et brillante: la misĂšre du New York du milieu du XXĂšme siĂšcle est pratiquement un personnage supplĂ©mentaire et Max Bialystock a l’air sorti d’un roman de Dickens avec son gilet tachĂ©, sa veste sale et ses cheveux clairsemĂ©s. Cela n’en est pas moins drĂŽle, bien au contraire.

Nous passons au bureau de Max, autrefois Ă©lĂ©gant, maintenant dĂ©labrĂ©, dans lequel il vit. Il est rĂ©veillĂ© par quelqu’un qui frappe Ă  la porte. C’est un comptable pas net nommĂ© Leo Bloom, qui est venu pour gĂ©rer les livres comptables de Max. Une des investisseurs de Max, une dame ĂągĂ©e (> 75 ans) Ă  qui il fait rĂ©fĂ©rence comme ‘Hold-Me-Touch Me’, dĂ©barque soudainement. Max force Leo Ă  se cacher dans la salle de bain. ‘Hold-Me-Touch-Me’ a apportĂ© un chĂšque Ă  Max, mais elle ne le lui donnera pas avant qu’il ne joue un petit « jeu cochon » avec elle. Leo les surprend par accident et retourne immĂ©diatement Ă  la salle de bain jusqu’à ce qu’elle soit partie.

Une fois que Hold Me-Touch-Me est partie, Leo s’excuse d’avoir interrompu Max. Max est prĂȘt Ă  se fĂącher sur Leo mais, Ă©tonnamment, Leo est un de ses fans; il lui confie son dĂ©sir secret d’ĂȘtre producteur Ă  Broadway. Max lui dit de commencer par faire les comptes. Tout est trĂšs bien montĂ©, car sur cette petite scĂšne, il y a un gros coffre-fort, rĂ©sidu de la grande Ă©poque. Quand on l’ouvre, il est vide Ă  l’exception de deux ou trois livres comptables.

Max et Leo: on pourrait gagner plus d’argent avec un flop qu’avec un hit

Leo se rend compte que les livres de Max ne sont pas encourageants, mais, quand il essaie de le dire Ă  Max, ce dernier devient tellement nerveux que Leo finit dans une position fƓtale sur le sol. Max finit par le rassurer: le spectacle a levĂ© 100.000$, mais n’a coĂ»tĂ© que 98.000$. Max supplie Leo de l’aider Ă  cacher cette petite somme d’argent, plutĂŽt que de l’envoyer en prison. Leo est d’accord, car il est peu probable que l’IRS regarde dans les livres d’un flop. Max fait alors une simple observation: dans les bonnes circonstances, on pourrait gagner plus d’argent avec un flop qu’avec un hit. Soudain, Leo est Ă  l’écoute. L’idĂ©e de gĂ©nie de Mel Brooks est lĂ !!!!

Max explique qu’il faut d’abord trouver la pire piĂšce jamais Ă©crite, puis trouver le pire metteur en scĂšne en ville, ensuite amasser deux millions de dollars, puis embaucher les pires acteurs en ville avant d’ouvrir Ă  Broadway et fermer le mĂȘme soir pour cause de flop. L’étape finale: fuir Ă  Rio avec l’argent! Leo n’est pas convaincu, mais Max essaie de lui vendre l’idĂ©e: « We Can Do It ».

L’esprit tout embrouillĂ©, Leo retourne Ă  son bureau de comptable. AprĂšs avoir Ă©tĂ© rĂ©primandĂ© par son patron pour avoir six minutes de retard, il est d’autant plus persuadĂ© que serait son rĂȘve de produire un spectacle Ă  Broadway et chante: « Je voudrais ĂȘtre un producteur ». Il quitte son emploi et retourne au bureau de Max, lui annonçant « We Can Do It ».? Max et Leo commencent Ă  lire des scĂ©narios dans le bureau de Max pour trouver le flop assurĂ©.

Les piĂšces sont mauvaises, mais pas assez. Enfin, Max trouve la pire piĂšce jamais Ă©crite: « Printemps pour Hitler »: une farce avec Eva et Adolf Ă  Berchtesgaden. Dans West Village Ă  New York, Franz Liebkind, l’auteur de « Printemps pour Hitler », s’occupe de ses pigeons sur son toit. Il porte un pantalon de cuir et un casque de l’armĂ©e allemande et chante une ode Ă  sa patrie, cette bonne vieille BaviĂšre.

Souci du dĂ©tail, quand les pigeons s’inclinent, il y a une croix gammĂ©e tatouĂ©e sur leur dos

Lorsque Max et Leo arrivent, Franz doute de leur intention. Cependant, il est ravi de la perspective d’afficher le nom du FĂŒhrer en grand Ă  Broadway. Il ne signera pas le contrat avec Max et Leo Ă  moins qu’ils prouvent qu’ils feront justice Ă  la mĂ©moire du FĂŒhrer en se joignant Ă  lui dans la chanson et la danse prĂ©fĂ©rĂ©es du FĂŒhrer. Il leur fait aussi prĂȘter le serment sacrĂ© de Siegfried, pour ne jamais dĂ©shonorer la mĂ©moire d’Adolph Elizabeth Hitler, puisque le FĂŒhrer Ă©tait issu d’une longue lignĂ©e de reines anglaises. Ils prĂȘtent serment et les droits leur appartiennent.

Ils se rendent ensuite chez le metteur en scĂšne connu, Roger De Bris. Carmen, son assistante, rĂ©pond aux appels tĂ©lĂ©phoniques lorsque Max et Leo entrent. De Bris entre dans une robe argentĂ©e Art dĂ©co pleine longueur. Il dit Ă  Max que la piĂšce de Franz est remarquable, mais trop sombre et dĂ©primante pour qu’il puisse la diriger. Cependant, lorsque Max l’appĂąte en lui donnant l’idĂ©e d’obtenir un Tony Awards, De Bris signe le projet.

Carmen et le metteur en scĂšne De Bris

Une fois de retour au bureau de Max, une jeune et belle femme suĂ©doise nommĂ©e Ulla frappe Ă  la porte. Elle veut passer une audition, elle sait qu’elle a ce qu’il faut pour attirer leur attention et obtenir le poste


Max lui offre le rĂŽle et le travail de secrĂ©taire/rĂ©ceptionniste jusqu’à ce que les rĂ©pĂ©titions commencent. Max explique alors Ă  Leo que les producteurs n’ont jamais mis leur propre argent dans un spectacle, il doit donc maintenant aller faire une visite au Little Old Lady Land. Max fait ce qu’il doit faire avec son corps pour obtenir les chĂšques et, Ă  la fin, il a recueilli assez d’argent pour produire une reprĂ©sentation du spectacle et Springtime for Hitler est annoncĂ© Ă  Broadway.

Entracte. Cette petite photo pour me souvenir d’oĂč j’Ă©tais dans la salle.

Ce spectacle est une bombe. Tous les acteurs sont exceptionnels. Ils n’ont aucune limite et mĂȘme quand ils vont terriblement loin dans ce qu’ils proposent, cela passe toujours. Et j’en suis persuadĂ©, c’est cet Ă©quilibre qu’il faut atteindre et ne pas dĂ©passer pour que le spectacle soit un succĂšs.

AprĂšs l’entracte, Max et Leo arrivent au bureau pour dĂ©couvrir qu’Ulla a rangĂ© le bureau et aussi redĂ©corĂ© dans un style « suĂ©dois »; tout est blanc brillant avec des petites fleurs. Max sort de l’argent liquide du coffre et quitte la piĂšce pour aller payer le loyer du théùtre aux Shubert. AprĂšs le dĂ©part de Max, Ulla se rapproche de Leo


Il faut passer Ă  la phase 3 du projet: les auditions. Lors des auditions, l’équipe de crĂ©ation voit une sĂ©rie d’acteurs terrifiants qui essaient de danser et de chanter, chacun chantant Hitler d’une maniĂšre pire que le prĂ©cĂ©dent. Lors d’une interprĂ©tation particuliĂšrement mauvaise, l’auteur, Franz, monte sur scĂšne lui-mĂȘme pour montrer Ă  un acteur comment il faut faire fait. Sa performance est magnifique – dans le style – et il est choisi pour jouer son hĂ©ros.

Nous voilĂ  en preview, oĂč les ouvreuses sont toujours lĂ . LĂ©o, faisant semblant d’ignorer les superstitions théùtrales, souhaite « Bonne Chance » Ă  tous. De Bris et Carmen sont choquĂ©s. Dans l’excitation, Franz se casse une jambe. Le spectacle doit continuer, cependant, et Max insiste pour que De Bris reprenne le rĂŽle de Hitler.

La scĂšne se transforme en spectacle dans le spectacle, avec le grand numĂ©ro de De Bris. Bien sĂ»r, ici, vu la taille de la scĂšne, il y a un certain nombre de choses qui ne sont pas prĂ©sentes, comme au Drury Lane: la dans de claquettes avec des danseurs et danseurs avec des coiffures surmontĂ©es de bretzels gĂ©ants. Il y a avait aussi une scĂšne Staline, Churchill et Rossevelt, qui sont vaincus par le chant et les danses Ă  claquettes d’Hitler, l’applaudissent. Il n’y a pas la danse des chars, mais bien deux sous-marins Ă  hurler de rire.

Quand le public quitte la salle, Max et Leo attendent les critiques nĂ©gatives. Mais, Ă  leur grand Ă©tonnement et consternation, le spectacle est un succĂšs! Leo et Max ne peuvent pas comprendre comment cela est possible. Leo prend les livres de comptes pour s’enfuit quand entrent dans le bureau De Bris et Carmen. Ils sont bientĂŽt suivis par Franz, qui brandit un pistolet, furieux qu’ils se soient moquĂ©s d’Hitler. Une Ă©norme bagarre s’ensuit et lorsque le pistolet de Franz finit par s’arrĂȘter de tirer, la police fait irruption pour essayer d’arrĂȘter le tireur prĂ©sumé 

Franz, fuit hors de la scĂšne et se casse l’autre jambe. Les flics l’arrĂȘtent, mais trouvent les deux livres de comptes sur le canapĂ©: le vrai et le faux
. Max est arrĂȘtĂ©, mais Leo, qui se cache, est convaincu par Ulla, qui vient d’entrer dans une robe moulante, qu’il ne doit pas se rendre. Elle veut aller Ă  Rio avec lui


Dans une cellule de dĂ©tention quelques semaines plus tard, Max reçoit une carte postale de Leo et Ulla depuis le BrĂ©sil. Max se sent trahi par ce coup de poignard dans le dos de Leo. Dans une salle d’audience, Max est sur le point d’ĂȘtre condamnĂ© lorsque Leo rĂ©apparaĂźt. Il remet les restes des deux millions de dollars au juge et rĂ©affirme son amitiĂ© avec Max. Le juge, ne voulant pas rompre une amitiĂ© aussi touchante, les condamne tous deux Ă  cinq ans de prison.

Nous passons Ă  la prison de Sing Sing, lors d’une rĂ©pĂ©tition de Prisoners of Love, la derniĂšre production de Bialystock et Bloom. Alors que le titre est chantĂ© par les prisonniers, un commissaire entre avec une grĂące pour Max, Leo et Franz. Ils cĂ©lĂšbrent tous le transfert de Prisoners of Love Ă  Broadway. Ulla et De Bris apparaissent comme les stars. Le spectacle est dans sa quatriĂšme annĂ©e de succĂšs Ă  Broadway – Max et Leo sont devenus de vĂ©ritables producteurs Ă  succĂšs.

Saluts

Comme montĂ© au Menier, The Prodcucers ne pose aucun problĂšme. MAIS
 Le plus gros problĂšme aujourd’hui avec un revival de The Producers est que les conventions sociales ont beaucoup Ă©voluĂ© depuis 1967 (lorsque le film a Ă©tĂ© tournĂ©) et mĂȘme 2001 (lorsque la comĂ©die musicale a Ă©tĂ© créée). Et une production de 2024 doit tenir compte de divers stĂ©rĂ©otypes sur les Juifs, les homosexuels, les femmes comme objets sexuels, ainsi que de ce que sont aujourd’hui devenus les nazis.

Le metteur en scĂšne, Patrick Marber, a tentĂ© – avec succĂšs – de dĂ©passer tous ces stĂ©rĂ©otypes. Mel Brooks est un Juif qui aime se moquer des Juifs. Ses deux personnages principaux sont ouvertement juifs (Max et Leo) et veulent faire fortune dans le monde du spectacle
 Le magnifique Max d’Andy Nyman incarne certainement beaucoup plus que certains stĂ©rĂ©otypes caricaturaux: c’est un ĂȘtre humain terrible Ă  bien des Ă©gards, mais il est incontrĂŽlable, ce qui le rend trĂšs attachant. L’actrice suĂ©doise Ulla, la bombe suĂ©doise de Joanna Woodward, est physiquement trĂšs attirante, mais on est trĂšs loin de la version londonienne d’il y a vingt ans oĂč l’on avait principalement deux seins sur des talons. Le cĂŽtĂ© capricieux de l’homosexuel De Bris jouĂ© par Trevor Ashley est tellement drĂŽle, mais Ă©nervant qu’on n’a aucune compassion pour le personnage et donc on a moins l’impression d’ĂȘtre dans une moquerie des stĂ©rĂ©otypes homosexuels que cela n’a Ă©tĂ© le cas Ă  une certaine Ă©poque. Sa longue carriĂšre dans le drag queen, le cabaret et la pantomime se prĂ©sente, alors qu’il fait des entrĂ©es spectaculaires dans des robes Ă  paillettes qui deviennent des mini-robes et, dans une scĂšne particuliĂšrement mĂ©morable, monte sur scĂšne dans un char. Le reste a besoin d’ĂȘtre vu pour ĂȘtre cru. Cela reste un spectacle de Mel Brooks qui peut offenser, mais Marber injecte une sensibilitĂ© quand cela est nĂ©cessaire


Mais, mĂȘme si nombreux sont aujourd’hui ceux qui estiment que l’on ne peut plus rire, mĂȘme avec bienveillance, des homosexuels, des juifs ou du physique des femmes, l’approche des nazis est diffĂ©rente. En effet, en 1967 (sortie du film) ou en 2001 (crĂ©ation du musical), on n’avait pas une rĂ©surgence aussi maquĂ©e de l’extrĂȘme droite ou des sympathies nazies. Le nazisme ne semblait pas nĂ©cessairement particuliĂšrement d’actualitĂ©. L’extrĂ©misme politique est beaucoup plus visible de nos jours et les comptes pro-Hitler sincĂšres sur les rĂ©seaux sociaux sont d’une facilitĂ© alarmante Ă  trouver.

Et c’est ici encore que la vision du metteur en scĂšne Patrick Marber sur The Producers est trĂšs rĂ©ussie. La magnifique sĂ©quence dĂ©peignant Le Printemps pour Hitler et sa chanson titre est un tsunami de moqueries dirigĂ©es contre les piĂšges de l’extrĂȘme droite, effaçant la masculinitĂ© de la posture, le symbolisme prodigieux et la philosophie pompeuse du nazisme avec une vague hallucinatoire de fleurs, de paillettes, de bras tendus et de saucisses gĂ©antes. C’est incroyablement drĂŽle, mais c’est aussi impitoyable.

Alors, ce spectacle, un jour Ă  Bruxellons! ? MĂȘme si c’est terriblement casse-gueule, pourquoi-pas. Mais cette petite version se suffit totalement, ce qui est dĂ©jĂ  un problĂšme levĂ© pour nous


Dernier petit souvenir, pour montrer qu’ils ont tout osĂ©, dans le Printemps pour Hitler tout l’ensemble parait en scĂšne en justaucorps noir avec juste un pigeon chacun dans la main. On assiste ainsi au ballet des pigeons du nazisme, si aimĂ© de Franz Liebkind. La salle hurle de rire quand on voit qu’ils ont des croix gammĂ©es sur les ailes. Mais c’est mon premier ballet en justaucorps noir dans le West End.

ET vu le succĂšs…

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