🎶 « Curious Case Of Benjamin Button » (Ambassadors Theatre)

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🎶 « Curious Case Of Benjamin Button » (Ambassadors Theatre)

Par Ol de Bulles / Lun 30 Déc 24 · ⏰ 13:30

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Bon, selon ce qui se dit un peu partout, cela ne devrait pas être nul…

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Un petit trailer pour vous mettre en appétit?

Le succès semble en tous cas être au rendez-vous: « House is Full », c’est complet!

J’ai vu un certain nombre de spectacles dans ce petit théâtre, le plus petit du West End (400 places) dont Stomp qui s’y est joué dix ans. On y était super mal installé: aucun ‘legroom’, place pour les jambes. Mais, grâce au COVID, le théâtre a été complètement réaménagé passant de 444 à 400 places, et installant un ascenseur, permettant aux spectateurs d’accéder aux stalls sans devoir monter ou descendre une marche. J’ai adoré.

A l’extérieur, il y a un nouveau bar. Et oui le théâtre est trop petit! Un bar en plein air… D’où les bonnets!

La salle a aussi été rénovée. Tout semble tout neuf…

C’est toujours très gai de voir le décor avant le début du spectacle, car cela amène plein de questions du style: « Comment vont-ils faire pour… ». Mais ici, vu l’histoire qu’ils vont raconter, les questions sont encore plus vivaces.

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The Curious Case of Benjamin Button (L’Étrange Histoire de Benjamin Button) est à l’origine une nouvelle écrite en 1922 par F. Scott Fitzgerald. J’ai bien sûr vu le film, mais ce qui est possible au cinéma est parfois plus complexe au théâtre. Le livret de Compton est cependant très différent de celle de Fitzgerald et du scénario du film de David Fincher de 2008 avec Brad Pitt. Pour commencer, il ne se déroule pas dans l’Amérique du XIXème siècle, mais est pratiquement une lettre d’amour à la Cornouailles natale de Compton, son histoire s’étendant sur une grande partie du XXème siècle.

L’intrigue de Fitzgerald est vaguement suivie, mais fortement « bricolée » – l’un des changements les plus significatifs est de faire naître le Benjamin du musical avec un esprit et un vocabulaire d’adulte complets plutôt que de commencer sa vie comme un bébé dans le corps d’un vieil homme.

Plus précisément, il a une joie, une romance et un élan au grand cœur qui contrastent fortement avec le cynisme de Fitzgerald et la tristesse du film de Fincher. En effet, malgré des notes tragiques dès le départ – la mère de Benjamin se suicide très tôt – le ton est largement fantaisiste et optimiste.

John Dagleish incarne Benjamin Button et il délivre une performance émouvante combinant la physique d’un vieil homme avec les expressions d’un enfant abandonné. On dit à Button qu’il est un monstre – sa mère lui chante une berceuse sombre et brûlante. Ce rejet créera en lui une honte tenace, dont il ne se débarrassera que très difficilement, longtemps après avoir rencontré Elowen, l’amour de sa vie.

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Peu à peu, une histoire prend forme, alors que Benjamin commence à s’irriter contre son père qui le garde tout le temps à la maison, et commence à se faufiler au pub local où il rencontre la barmaid à l’esprit libre, Elowen (Clare Foster). Ce spectacle n’est jamais drôle ou comique. Non, il est beaucoup mieux que cela. Il est tendre. On a plein de sourires affectueux. Par exemple, dans le bar, lors de leur première rencontre, Eloween lui demande ce qu’il veut boire. Comme un enfant, il répond: « Une bière ». Elle lui dit: « Quelle bière? » et lui ne peut répondre que : « Une bière ». Il ne sait même pas ce que c’est une bière. Alors imaginer qu’il y en a des centaines. Et c’est là qu’on sourit avec tendresse.

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L’Elowen de Clare Foster est impertinente, sûre d’elle et a une voix stupéfiante.

Au fil des années, les deux sont attirées l’un par l’autre – elle a un faible pour les hommes plus âgés – mais des rebondissements les séparent pendant des années, jusqu’à ce qu’ils se croisent par hasard pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’ils ont presque le même âge. Nous sommes la veille du débarquement en Normandie auquel il va participer.

Suite à cette nuit d’amour, ils auront un fils, qu’il découvrira de nombreuses années plus tard. À cette époque, Benjamin aura l’âge physique de son fils. Magnifique confrontation, arbitrée par Elowen devenue « vieille ».

Ce musical ose, et assume, la poésie. Benjamin est très concret, très terre-à-terre. Elowen beaucoup moins. Elle aimerait qu’il apprenne à rêver. Et son rêve va concerner … la lune. Dans les années ’30, son sens du concret lui permet de rêver qu’un jour un homme marchera sur la Lune. C’est évidemment ce qui va se passer en 1969. À ce moment, sa femme sera en train de mourir et cela nous donne une des plus poignantes scènes du musical.

La musique est prodigieuse. Jouée en live par tous les comédiens. Cela n’est pas du tout dérangeant, car on est de toute façon dans une histoire fantastique, dans une féérie. On n’imagine pas Norma Desmond jouer du violon tout en chantant dans Sunset. Voici quelque extraits pour en profiter, même s’il ne sont pas filmés pendant le spectacle…

Ce musical, en fait, est l’histoire de quelqu’un qui découvre ce que veut dire l’expression « à la maison ». Naissant à la fin de sa vie plutôt qu’au début, Benjamin Button cherche sa place dans ce monde, cherche un endroit où il puisse se trouver « à la maison ». Ce ne fut pas le cas avec ces parents qui l’ont caché à sa naissance. Cette recherche d’un « à la maison » est rendue complexe de par ses différences. Benjamin Button est lui-même persuadé la majorité de sa vie que ces différences l’empêcheront de réaliser quoi que ce soit, de construire quoi que ce soit. La vie de Benjamin Button est unique, mais sa recherche d’appartenance est universelle. Ce que ce musical nous rappelle, c’est évidemment que ce « à la maison » n’est pas incarné par un lieu, mais plutôt par les gens qui nous entourent et qui donne vie à notre « à la maison ».

Ce musical est magnifique… Ce qui est génial c’est qu’il vient du Off-Westend (Southwark Playhouse). Il s’agit donc ici d’un ‘West End Transfer’, dans un petit théâtre, il est vrai, mais quand même. Cela semble aussi être une nouvelle tendance, dont le plus bel exemple est Six, qui a été transféré du Arts Theatre dans le West End et puis à Broadway. Espérons qu’il en sera de même avec ce The Curious Case Of Benjamin Button.

Et pour vous montrer que ce spectacle attire les stars, regardez un peu qui était là…

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Steven Colombeen et son mari. La famille Bruxellons! connait les endroits où il faut se trouver…

Et quelques photos pour mes souvenirs quand je relirai cela depuis le home…

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Dernière petite remarque. Ce musical me fait profondément penser à Come from Away par son humanité, mais aussi par sa musique qui est proche de la musique irlandaise de Come from Away.

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