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Tentatives d’exploration passionnée de l’

Histoire du musical

Ce site est une tentative d’histoire du musical, un genre artistique à part entière, bien différent de ce que l’on appelle souvent, en France, la «comédie musicale». Des origines à aujourd’hui, il retrace les grandes étapes de son évolution, en mettant en lumière les œuvres marquantes, les artistes qui l’ont porté, les mouvements qui l’ont façonné et les lieux où il s’est inventé.

Plus qu’un simple parcours historique, il s’agit ici, pour des passionnés, de partager avec le plus grand nombre une aventure artistique qui nous anime et nous rassemble.

Le musical ne naît pas soudainement à Broadway. Il s’inscrit dans une longue évolution qui remonte aux premières formes de théâtre chanté et dansé de l’antiquité et du moyen-âge. En 1728, un véritable OVNI musical, The Beggar’s Opera, est une véritable rupture qui nous fait entrer dans une ère nouvelle que nous qualifierons de « Les origines« . Dans cette période vont briller des compositeurs comme Jacques Offenbach ou Johan Strauss. Mais c’est aussi l’émergence d’un véritable modèle américain avec des formes comme: les « Variety Houses« , les « Minstrels Shows« , les « Museum« , le « Vaudeville » ou le « Burlesque« .

Une grande étape va être franchie – par hasard – en 1866 à New York avec le spectacle The Black Crook. On entre alors dans une « période de recherche » qui va nous mener jusqu’en 1927. Cela va donner la place à un duo mythique anglais, Gilbert & Sullivan, qui va à nos yeux poser les premières graines du musical, avec leurs 14 œuvres majeures. L’opérette, le music-hall et les formes hybrides issues du théâtre chanté structurent alors l’essentiel de la production. Mais, progressivement, les États-Unis s’approprient ces influences et commencent à les transformer: Victor Herbert, George M. Cohan et Florenz Ziegfeld sont trois exemples majeurs d’artistes ayant participé à cette montée en puissance des Etats-Unis.

La Première Guerre mondiale agit comme un catalyseur: elle affaiblit durablement les scènes européennes et accélère le basculement du centre de gravité vers l’Amérique. Dans les années qui suivent, une génération exceptionnelle de créateurs émerge: Jerome Kern, Irving Berlin, George Gershwin, Cole Porter et Richard Rodgers — bientôt surnommés les “Big Five” — qui définissent les contours du musical moderne. Mais vous découvrirez beaucoup d’autres artistes qui ont mis leur pierre à l’édifice… Pendant ce temps, l’après-guerre permet en France l’éclosion des « Années folles« , en Angleterre des « Roaring ’20s » et en Autriche de L’Opéra de Quat’Sous.

Puis, le 27 décembre 1927, un spectacle de Jérôme Kern et Oscar Hammerstein II a été créé à Broadway. Il s’appelait Show Boat et avec lui, la comédie musicale de Broadway faisait ses premiers pas dans l’adolescence. Il s’agit de la première œuvre qui utilise vraiment des «numéros musicaux» pour raconter une histoire sérieuse, ce qui est très différents des «revues» présentant une série de numéros musicaux non liés les uns aux autres. Show Boat a également fait marqué l’histoire car des chanteurs blancs et afro-américains se sont produits ensemble sur scène. En outre, Show Boat aborde le thème très épineux à l’époque de l’identité raciale, sous la forme d’un mariage interracial. Même si pour beaucoup il s’agit du premier vrai musical de tous les temps, Il va encore falloir attendre selon nous près de 15 ans et un autre spectacle de Oscar Hammerstein II, Oklahoma! pour que les musicals rentrent véritablement dans l’âge adulte.

Ce projet est lié au Festival Bruxellons! qui est un des lieux majeurs de présentation de musicals en Belgique francophone. Ce projet est également présenté sur notre page Facebook.

Les périodes et œuvres charnières du musical

Une exploration chronologique du musical, rythmée par ses grandes périodes et les œuvres qui ont marqué des ruptures décisives.

Si beaucoup considèrent – dont nous – que Oklahoma! est le premier musical, c’est quand même faire fi de près de 2.500 ans de théâtre musical. Au tout début du théâtre dans la Grèce antique, les premiers drames étaient des spectacles qui utilisaient le dialogue, le chant et la danse comme outils de narration. N’est-il pas rassurant de savoir que tout a commencé depuis 2.500 ans?

1728: « The Beggar’s Opera »

The Beggar’s Opera est un OVNI musical, considéré par certains comme la première comédie musicale au monde, prés de trois cents ans avant que le genre ne devienne à la mode. II appartient au genre du Ballad Opera qui n’a pratiquement existé qu’en Grande-Bretagne au XVlllème siècle. Le Ballad Opera est a l’origine du Singspiel allemand et inspira Kurt Weil et Bertolt Brecht pour l’écriture de l’Opera de quat’sous. L’histoire se situe dans les bas-fonds de Londres où malfrats et prostituées se disputent la fortune d’un bandit de grand chemin.

De nombreuses formes de théâtre ont des le XIXème siécle, agrémenté leurs textes de musique, de chant ou de danse. L’opérette francaise en est un exemple bien connu. Mais une multitude d’autres pratiques scéniques ont forgé les premiers pas des arts du spectacle vers ce que l’on appellera plus tard le musical moderne: les «Variety Houses», les «Minstrels Shows», les «Museums», le «Vaudeville», et bien d’autres encore. Ces formes ont contribué a familiariser le public avec une narration ot la musique commence ä en structurer le rythme et l’énergie.

1866: « The Black Crook »

Créé a New York en 1866, The Black Crook est souvent considéré comme le premier pas vers le musical moderne, moins pour ses qualités artistiques que pour sa forme hybride inédite. Mélodrame fantastique enrichi de chansons, de ballets spectaculaires et de décors monumentaux, le spectacle nait presque par accident, mais connait un succès retentissant avec plus de 470 représentations. Il démontre pour la première fois qu’un divertissement mêlant intrigue continue, musique et danse peut s’installer durablement a l’affiche. A ce titre, The Black Crook marque une rupture économique et culturelle majeure dans l’histoire du musical américain.

Entre 1866 et 1927, le musical entre dans une phase décisive de son histoire, encore largement dominée par les modèles européens, en particulier britanniques et français. L’opérette, le music-hall et les formes hybrides issues du théâtre chanté structurent alors l’essentiel de la production.
Mais, progressivement, les États-Unis s’approprient ces influences et commencent à les transformer. À New York, Broadway devient un laboratoire où s’invente un langage nouveau, plus direct, plus populaire, plus ancré dans la société américaine.
La Première Guerre mondiale agit comme un catalyseur : elle affaiblit durablement les scènes européennes et accélère le basculement du centre de gravité vers l’Amérique.
Dans les années qui suivent, une génération exceptionnelle de créateurs émerge. Jerome Kern, Irving Berlin, George Gershwin, Cole Porter et Richard Rodgers — bientôt surnommés les “Big Five” — redéfinissent les contours du musical moderne. Autour d’eux gravite une constellation foisonnante de compositeurs, librettistes et paroliers qui participent à cette effervescence sans précédent. Le musical gagne en cohérence dramatique, en richesse musicale et en profondeur émotionnelle.
Pendant ce temps, l’Europe des années 1920, bien que toujours active, semble évoluer en demi-teinte, entre héritage et hésitations.
Les grandes formes y perdurent, mais peinent à rivaliser avec l’énergie et l’innovation venues d’outre-Atlantique.
À la veille de 1927, tous les éléments sont en place pour une véritable révolution artistique.

1927: « Show Boat »

Au début du XXème siècle, la comédie musicale de Broadway est dans son enfance. Des divertissements étincelants et brillants avec des partitions de jazz d’auteurs-compositeurs tels que George et Ira Gershwin côtoyaient des opérettes à la musique plus sérieuse de compositeurs comme Sigmund Romberg.

Puis en 1927, un spectacle de Jérôme Kern et Oscar Hammerstein II a été créé. Il s’appelait Show Boat et avec lui, la comédie musicale de Broadway faisait ses premiers pas dans l’adolescence. Il s’agit de la première oeuvre qui utilise vraiment des «numéros musicaux» pour raconter une histoire sérieuse, ce qui est très différents des «revues» présentant une série de numéros musicaux non liés les uns aux autres. Show Boat a également fait marqué l’histoire car des chanteurs blancs et afro-américains se sont produits ensemble sur scène. En outre, Show Boat aborde le thème très épineux à l’époque de l’identité raciale, sous la forme d’un mariage interracial.

Même si pour beaucoup il s’agit du premier vrai musical de tous les temps, Il va encore falloir attendre selon nous près de 15 ans et un autre spectacle de Oscar Hammerstein II, Oklahoma! pour que les musicals rentrent véritablement dans l’âge adulte.

Entre 1927 et 1943, le musical entre dans une période de transformation profonde, marquée par une tension constante entre héritage et modernité. L’année 1927, avec la création de Show Boat, agit comme un véritable point de bascule : pour la première fois, musique, livret et dramaturgie s’articulent autour d’un récit cohérent, abordant des thèmes sérieux et ancrés dans la réalité américaine.

Cependant, cette avancée ne s’impose pas immédiatement. Les années qui suivent restent dominées par les formes héritées des Années folles : revues fastueuses, spectacles légers, divertissements spectaculaires. Mais la crise de 1929 vient brutalement bouleverser cet équilibre. La Dépression contraint Broadway à se réinventer : budgets réduits, productions plus resserrées, et une attention accrue portée à la solidité des livrets.

Dans ce contexte, une nouvelle génération de créateurs affine et prolonge les innovations amorcées à la fin des années 1920. George Gershwin explore les liens entre musique populaire et formes savantes, Cole Porter impose un style sophistiqué et ironique, tandis que Richard Rodgers, d’abord avec Lorenz Hart, puis avec Oscar Hammerstein II, contribue à renforcer l’intégration entre musique et narration.

Peu à peu, le musical abandonne la simple juxtaposition de numéros au profit d’une forme plus organique, où chaque élément — chanson, dialogue, danse — participe à l’action dramatique. Les personnages gagnent en profondeur, les intrigues en cohérence, et la musique devient un véritable vecteur d’émotion et de sens.

Parallèlement, le cinéma parlant et musical attire une partie des talents et du public, obligeant Broadway à redéfinir sa spécificité. Loin de l’affaiblir, cette concurrence stimule l’innovation et pousse le théâtre musical à affirmer ses qualités propres : la présence vivante, la continuité dramatique, l’unité de ton.

À la veille de 1943, toutes les évolutions amorcées depuis Show Boat convergent. Avec Oklahoma!, le musical atteint une forme d’équilibre inédit : une œuvre pleinement intégrée, où musique, danse et récit ne font plus qu’un. Ce n’est plus une expérimentation, mais l’aboutissement d’un processus — la naissance du musical moderne dans sa forme classique.

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