Geneviève de Brabant
Opérette (1859)
Avec Geneviève de Brabant, Offenbach s’attaque dès 1859 à la parodie du grand opéra romantique et du mélodrame médiéval, dans une œuvre encore en recherche d’équilibre entre satire et narration longue. Moins corrosive que Orphée aux enfers (), mais tout aussi inventive musicalement, la pièce montre Offenbach en pleine expérimentation formelle. Remaniée à plusieurs reprises, elle témoigne des tâtonnements du compositeur face au grand format. Derrière la farce, on perçoit déjà l’ambition de dépasser l’opérette en un acte. Une œuvre-laboratoire.
Après le succès d’Orphée aux enfers (), Offenbach cherche à confirmer sa capacité à écrire des œuvres plus longues. Geneviève de Brabant lui permet d’explorer le grand format tout en conservant la satire. Le choix d’un sujet médiéval, très populaire dans l’opéra sérieux, est volontairement provocateur. L’œuvre connaît plusieurs remaniements, signe des hésitations d’Offenbach face à la forme étendue. Elle reste néanmoins un succès honorable.
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Genèse détaillée: En 1859, Offenbach est à un tournant de sa carrière. Il a prouvé avec Orphée aux enfers () que la parodie pouvait devenir un moteur populaire, mais il souhaite désormais inscrire l’opéra-bouffe dans des formes plus ambitieuses.
La légende de Geneviève de Brabant, abondamment traitée par les compositeurs romantiques allemands et français, lui offre un terrain idéal pour pasticher le pathos médiéval et les figures féminines martyrisées.
Cependant, l’équilibre entre satire et narration longue s’avère difficile. Offenbach multiplie les tableaux, les styles, les situations, parfois au détriment de la fluidité dramatique. C’est pourquoi il remaniera l’œuvre à plusieurs reprises, cherchant la bonne proportion entre farce et continuité.Geneviève de Brabant apparaît ainsi comme un laboratoire où se forgent les techniques qui aboutiront à La Belle Hélène > () et La Vie parisienne ().
Geneviève, épouse vertueuse du duc de Brabant, est faussement accusée d’adultère par Golo, intendant perfide. Condamnée à mort, elle est abandonnée dans la forêt avec son enfant. Après de multiples péripéties, l’innocence de Geneviève est révélée et l’ordre rétabli, dans une parodie du mélodrame médiéval.
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Synopsis détaillé:
Acte I – Soupçons, jalousies et machinations
Au château du duc de Brabant, la cour vit dans une atmosphère de cérémonial héroïque et de vertus proclamées. Le duc Sifroy, chevalier valeureux mais naïf, part à la guerre en confiant la garde de son épouse Geneviève à son intendant Golo. Celui-ci nourrit pour elle une passion secrète, mêlée de ressentiment et d’ambition.
Dès le départ du duc, Golo tente de séduire Geneviève, qui le repousse fermement. Blessé dans son orgueil, il décide de se venger en l’accusant d’infidélité. Aidé de complices grotesques, il fabrique de fausses preuves et manipule l’opinion de la cour.
Offenbach s’amuse à pasticher les scènes de serment, de trahison et de pathos du grand opéra historique.
Acte II – Chute, exil et survie burlesque
Geneviève est condamnée à mort, mais ses bourreaux, incapables de commettre l’acte, l’abandonnent dans la forêt avec son enfant. La musique alterne ici entre lyrisme sincère et détournement comique.
Dans la forêt, Geneviève survit grâce à l’aide de personnages secondaires souvent grotesques, transformant le mélodrame en farce tendre. Golo, de plus en plus nerveux, craint que son mensonge ne soit découvert.
Acte III (versions ultérieures) – Révélation et rétablissement de l’ordre
Le duc revient victorieux. Les contradictions s’accumulent, Golo est confondu, et Geneviève réapparaît vivante. L’innocence triomphe, mais Offenbach se garde bien d’un final grandiose trop sérieux : la conclusion reste volontairement légère, presque ironique, comme pour rappeler que l’on a toujours assisté à une parodie.
Principales productions de l'oeuvre
▸1859 – Bouffes-Parisiens
▸1867 – version remaniée et amplifiée
▸reprises sporadiques en France et en Allemagne
Adaptations à l'écran
aucune adaptation cinématographique majeure
Différentes versions de l'oeuvre
▸version en 3 actes et 9 tableaux, livret d'Hector Crémieux et d'Étienne Tréfeu, créée le 26 décembre 1867 au théâtre des Menus-Plaisirs
▸version « opéra-bouffon-féerie » en 5 actes, livret d'Hector Crémieux et d'Étienne Tréfeu, créé le 25 février 1875 au théâtre de la Gaîté.
Principale récompenses
—
Enregistrements de références
quelques intégrales modernes partielles
Période(s) à laquelle se déroule l'intrigue
Moyen Âge légendaire
Lieu(x) où se déroule l'intrigue
château du duc de Brabant, forêt, campements militaires
Thèmes principaux de l'oeuvre
calomnie, vertu féminine, abus de pouvoir, crédulité masculine, satire du mélodrame héroïque
Structure dramaturgique
opéra-bouffe à numéros fermés et dialogues parlés
Structures des numéros musicaux notables
alternance entre lyrisme sincère et détournement burlesque, parodie des formes héroïques et religieuses
Contexte historique de la création
Sous le Second Empire, le public parisien est friand de grands sujets historiques et médiévaux, portés par le grand opéra. Offenbach détourne cette mode en la traitant par le rire. La censure veille encore étroitement sur la satire politique directe, ce qui explique le recours à un passé lointain. L’œuvre reflète l’équilibre fragile entre audace et prudence dans le théâtre musical de l’époque.
Réception et presse à la création
La réception est moins scandaleuse que celle d’Orphée aux enfers. La critique reconnaît l’inventivité musicale, mais pointe une certaine longueur et une intrigue parfois confuse. Le public, lui, suit fidèlement, sans que l’œuvre n’atteigne le statut de phénomène. Les remaniements ultérieurs visent précisément à corriger ces faiblesses perçues.
Importance dans l'histoire des musicals
Geneviève de Brabant n’est pas une œuvre fondatrice, mais elle est essentielle pour comprendre l’évolution d’Offenbach. Elle marque la transition entre l’opérette courte et le véritable opéra-bouffe en plusieurs actes. C’est une étape indispensable avant les chefs-d’œuvre pleinement maîtrisés du début des années 1860.
Caractéristiques stylistiques
▸parodie du grand opéra romantique
▸héroïne vertueuse traitée avec distance ironique
▸alternance de lyrisme sincère et de grotesque
▸structure éclatée en tableaux
▸importance des ensembles
▸humour moins frontal que dans Orphée, mais plus narratif
Aucun dossier informatif complémentaire concernant Geneviève de Brabant
Aucun dossier informatif complémentaire concernant Geneviève de Brabant
Théâtre: Théâtre des Bouffes Parisiens (Paris - France) Durée : Nombre : 50 représentationsPremière Preview : 19 November 1859
Première: 19 November 1859
Dernière: InconnuMise en scène : Chorégraphie : Producteur : Star(s) : Commentaires : Cette version est un opéra-bouffe en 2 actes
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